À Rennes, un « Café papote » pour repenser le vécu du déclenchement 

À Rennes, sages-femmes et gynécologues du CHU ont réuni patientes et soignantes autour du déclenchement lors d’un premier « Café papote ». Objectif : mieux comprendre le vécu des femmes pour mieux les accompagner, du déclenchement jusqu’au post-partum.

Ce temps d’échange s’inscrit dans une démarche plus large : prévenir les violences obstétricales et gynécologiques. Photos : © Charlotte Hervot
Ce temps d’échange s’inscrit dans une démarche plus large : prévenir les violences obstétricales et gynécologiques. Photos : © Charlotte Hervot

Jus d’orange, café, cookies… Autour de la table, l’ambiance se veut conviviale. Pourtant, dans ce café du centre-ville de Rennes (Ille-et-Vilaine), c’est une rencontre inédite. Trois patientes, toutes déclenchées pour dépassement de terme, échangent avec trois professionnelles du CHU : Marie Gourdel-Gautier, sage-femme coordinatrice en maïeutique du pôle Femme-Enfant ; la gynécologue Louise Jacquot-Thierry et l’interne Bertille Canton. Ensemble, elles participent au premier « Café papote » consacré au déclenchement. « À quoi vous fait penser le mot déclenchement ? », lance l’interne. Sur les post-it s’affichent : « douleur », « peur de l’échec », « possible sans péri ? » Peu à peu, la parole se libère.Bérangère Dréno se souvient : « La grossesse se passait bien. À J+1, je suis allée au CHU pour un monitoring et j’ai été prise de stress. » Elle s’interrompt. « Je peux tout entendre, c’est même important que vous puissiez vous exprimer », l’encourage Marie Gourdel-Gautier. Alors la jeune femme poursuit : « D’un coup, tout est devenu médicalisé, des femmes branchées partout… » Justine Lebrun acquiesce : « Le premier rendez-vous m’a rassurée, mais je suis sortie du suivant en pleurant. » Identifier les zones grises Pour l’équipe, il s’agit d’identifier ce qui, dans les mots, les gestes ou les procédures, peut générer stress, incompréhension ou sentiment de dépossession.« Le manque d’explications, les temps d’attente, les protocoles perçus comme imposés peuvent être vécus comme une violence, même sans intention », observe Louise Jacquot-Thierry. Ce temps d’échange s’inscrit dans une démarche plus large : prévenir les violences obstétricales et gynécologiques. Dresser un état des lieux du vécu du déclenchement pour ajuster l’information donnée aux femmes en est un levier. « On part souvent du postulat qu’un accouchement “naturel” serait forcément bien vécu, tandis qu’un déclenchement le serait moins. Ce n’est pas si simple », souligne la sage-femme. © Charlotte Hervot © Charlotte Hervot Des pratiques qui évoluent L’initiative intervient alors que les déclenchements augmentent : près d’un accouchement sur quatre en France, et « entre…

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