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Mammographie : révéler l’invisible

La mammographie conventionnelle repose principalement sur l’absorption des rayons X par les tissus.Problème : dans les seins dits « denses », les fibres saines et les tumeurs apparaissent toutes deux en blanc sur les clichés standards, ce qui complique leur distinction. Cette nouvelle technologie, issue des laboratoires du CNRS, pourrait être la solution. Créée en novembre 2023, Letsee Imaging adapte à la mammographie la méthode de Hartmann, issue de l’optique astronomique. Son système analyse l’absorption, mais aussi la déviation des rayons dans deux directions et leur phase. À l’arrivée, c’est quatre fois plus d’informations disponibles que lors d’un examen classique. Cette technologie, si elle tient ses promesses et franchit les étapes réglementaires, pourrait transformer radicalement le pronostic vital de milliers de femmes. La start-up envisage une commercialisation entre 2031 et 2032, calendrier qui demeure prévisionnel. Source : Cnrs Innovation, 21 juillet 2026

Actus

Doctogouine, sage-femme et militante pour les droits LGBTQ+

Pourquoi sage-femme ?  J’ai voulu être sage-femme avant tout pour m’occuper des femmes. Même si je suis très heureuse de m’occuper des bébés également. En parallèle de mes études, j’ai commencé à militer dans des associations féministes. A ce moment-là j’avais vraiment la sensation qu’avoir choisi ce travail était une évidence. Où travaillez-vous ?  Après mes études, je suis partie travailler à Paris, dans une maternité de niveau 1, pendant un an. Ensuite, j’ai choisi de travailler dans une maternité de niveau 3, puis j’ai finalement décidé de revenir dans ma maternité de niveau 1. Depuis septembre 2025 je suis quasiment à mi-temps à l’hôpital et à mi-temps en activité libérale dans un cabinet. Pourquoi le niveau 1 ? J’aime beaucoup la physiologie et la prise en charge en maternité de niveau 1 n’est pas la même. La différence se voit sur des micro-détails : par exemple, là où je travaille les monitorings sont sans fil donc la personne a juste deux capteurs sur le ventre et les péridurales sont déambulatoires donc elle peut marcher. Elle peut accoucher accroupie si elle a envie, elle peut accoucher à quatre pattes si elle a envie. Il y a un vrai respect de la naissance que je n’ai pas trouvé en niveau 3. Pourquoi avoir lancé Doctogouine ?  J’ai passé quelques diplômes universitaires dont un qui s’appelle diplôme universitaire de santé sexuelle pour tous. Il aborde la santé sexuelle sous un autre prisme que le prisme cisgenre, hétérosexuel, blanc, valide, etc. C’était très intéressant, mais le cours sur la santé sexuelle lesbienne durait vingt minutes, alors que tous les autres cours duraient une heure. Suite à ce diplôme universitaire, j’ai eu envie d’écrire un « zine » sur le sujet. Pour le diffuser j’ai créé le compte instagram Doctogouine. Et depuis c’est devenu une plate-forme où je peux partager des informations à […]

Actus

Désogestrel et étonogestrel : à la demande de l’Agence européenne du médicament (Esa), les notices intègrent désormais le risque de méningiome

Selon l’ANSM, l’utilisation en cours et prolongée — pendant au moins un an — de ces contraceptifs est associée à une très faible augmentation du risque de méningiome, tumeur généralement non cancéreuse des membranes entourant le cerveau. Pour le désogestrel, le sur-risque est estimé à un cas supplémentaire pour 67 300 utilisatrices. Les médicaments contenant du désogestrel ou de l’étonogestrel sont contre-indiqués en cas de méningiome actuel ou passé. Les professionnels doivent être attentifs aux signes évocateurs : troubles visuels, baisse de l’audition ou acouphènes, perte de l’odorat, aggravation des céphalées, troubles de la mémoire, convulsions ou faiblesse des bras ou des jambes. L’ANSM annonce enfin l’envoi, à partir de septembre, de courriers d’information aux patientes et aux prescripteurs concernés.

Actus

Maisons de naissance : la HAS propose un cadre provisoire minimal

La HAS indique ne pas avoir reçu les bilans d’évaluation prévus par l’arrêté du 9 décembre 2016. Les données transmises par la DGOS entre 2023 et 2024 étaient, selon elle, « parcellaires et inexploitables ». Elle juge également insuffisant le niveau de preuve des études disponibles, qu’elle décrit comme observationnelles, rétrospectives, menées sur des échantillons peu représentatifs et pendant des durées limitées. Faute de pouvoir formuler de nouvelles recommandations, l’institution rassemble des critères issus de quatre travaux antérieurs : le cahier des charges de 2014 et trois recommandations consacrées au suivi des grossesses à risque, à l’accompagnement de l’accouchement normal et à la sortie précoce de maternité. Intitulé « Positionnement de la HAS à la suite de la demande d’élaboration de critères d’éligibilité pour la prise en charge des femmes enceintes en maison de naissance », le document est disponible ici. Ce document ne constitue pas une recommandation de bonne pratique. Il fixe un cadre post-expérimental « a minima ». La HAS insiste sur la nécessité de disposer de bilans complets et exploitables pour établir, à terme, des critères d’éligibilité et de transfert fondés sur des données probantes.

Actus

Aux Lilas, un centre de santé des femmes succède à l’ancienne maternité

Maintenir une offre de proximité Huit mois se sont déjà écoulés depuis la fermeture de l’emblématique maternité des Lilas, pionnière de l’accouchement sans douleur et historiquement engagée en faveur des droits des femmes et de l’accès à l’IVG. Une nouvelle activité de soins s’est installée au 12-14, rue du Coq-Français. Porté par l’AP-HP, en partenariat avec l’ARS Île-de-France, la Ville des Lilas et le département de la Seine-Saint-Denis, le centre de santé Tenon – Les Lilas vise à maintenir une offre consacrée à la santé des femmes dans cette partie du département. Ouvert du lundi au vendredi, de 8 h 30 à 17 h 30, l’établissement assure des consultations de gynécologie, le suivi des grossesses, la préparation à la naissance ainsi que les entretiens prénatal et postnatal précoces. Il propose également un accompagnement de la ménopause et des interruptions volontaires de grossesse médicamenteuses. Lorsqu’une prise en charge chirurgicale ou spécialisée est nécessaire, les patientes sont orientées vers les structures hospitalières de l’AP-HP. Un lien étroit avec l’hôpital Tenon Adossé au service hospitalo-universitaire de gynécologie-obstétrique de l’hôpital Tenon, le centre peut orienter les patientes vers les services spécialisés de l’établissement, notamment en endométriose, cancérologie gynécologique, endocrinologie gynécologique, médecine de la reproduction et préservation de la fertilité, ou vers les structures d’orthogénie de l’AP-HP. Cette organisation doit assurer la continuité de leur parcours de soins. Pour leur accouchement, les patientes suivies au centre dont la grossesse ne présente pas de risque particulier peuvent être orientées vers la filière physiologique de la maternité de Tenon, établissement de type 2. Une reconversion plus large du site Le site accueille également un centre de santé sexuelle, développé en partenariat avec le département de la Seine-Saint-Denis. Celui-ci propose un accompagnement autour de la contraception, de la santé sexuelle, de la vie affective, de la prévention et […]

Pratiques

Addiction au tramadol pendant la grossesse 

Tramadol, définition et risques   Les opioïdes tels que le tramadol connaissent la plus forte progression d’usage de substances psychoactives dans le monde depuis quinze ans. Ils ont débarqué en France de manière préoccupante, même si cela n’a pas eu la même ampleur qu’aux États-Unis.  Le tramadol est un opioïde faible de niveau 2, dérivé synthétique de la codéine. Noradrénergique et sérotoninergique, il inhibe le recaptage des neurotransmetteurs, provoquant une perception de la douleur altérée. Il est l’antalgique opioïde le plus consommé en France (+68 % entre 2006 et 2017), majoritairement par des femmes. Son mésusage peut entraîner dépendance, abus et overdose.  Selon un rapport du Sénat de 20251, 12 millions de Français se sont vu prescrire des médicaments opioïdes antalgiques (MOA), principalement par des médecins généralistes. Or, 47 % des usagers de tramadol éprouvent des difficultés à arrêter leur traitement et le nombre de décès liés à l’usage d’opioïdes prescrits, hors usagers à risque, s’est accru de 20 % entre 2018 et 2022. Tramadol pendant la grossesse En cours de grossesse, le sevrage brutal d’opioïde est contre-indiqué. Il convient donc de dépister les usages d’opioïdes, de les évaluer, de proposer des orientations adaptées, d’anticiper la surveillance d’un syndrome de sevrage du nouveau-né et son soutien par ses parents. Il faudra donc une prise en charge pluridisciplinaire.  Nous vous présentons ici trois types de situations différentes avec leur proposition de prise en charge. Le point clé choisi pour l’évaluation est une échelle en cinq points, le POMI-5, à remplir avec la patiente. Mme Ahaa est enceinte de son troisième enfant (9 SA). Elle suit un traitement par tramadol de 150 mg/jour depuis 4 ans pour des douleurs associées à une fibromyalgie et une cholangite biliaire. Lors de sa dernière grossesse, elle est restée sous tramadol et le bébé a fait un syndrome de sevrage, ce qu’elle […]

Pour participer à la consultation : concertation.ordre-sages-femmes.fr
Actus

Consultation nationale des sages-femmesorganisée par le Conseil national de l’Ordre des sages-femmes

En ligne de mire, l’élection présidentielle 2027 Cette démarche vise à recueillir l’avis de la profession sur les principaux enjeux qui traversent son exercice. Si les compétences des sages-femmes se sont élargies et leur place dans le parcours de santé des femmes renforcée, de nombreux défis restent à relever : accès aux soins, reconnaissance et valorisation des missions, évolution des modes d’exercice, place de la prévention, intégration des nouvelles technologies ou encore transformation de la périnatalité. À partir des réalités du terrain, les réponses recueillies doivent nourrir « le plaidoyer de l’Ordre en vue de l’élection présidentielle de 2027 ». Elles serviront à élaborer un ensemble de propositions que le Conseil national portera ensuite auprès des pouvoirs publics et dans le débat public. Quatre grands thèmes La consultation s’articule autour de quatre axes : l’évolution des compétences des sages-femmes ; les différents lieux d’accouchement, notamment à domicile ; leur rôle dans la prévention, l’éducation à la santé et la lutte contre la désinformation ; enfin, leurs relations avec les acteurs non professionnels de santé, tels que les doulas et les coachs en périnatalité. Ces thèmes ont été retenus parce qu’ils concernent l’ensemble de la profession et interrogent directement son avenir. Les premiers résultats, arrêtés au 23 juin 2026, sont disponibles dans la Lettre du Conseil de l’Ordre n° 86. La consultation avait alors déjà réuni 1 347 participantes et recueilli plus de 4 500 contributions. (Extraits ci-dessous). Comment participer ? Isabelle Derrendinger, présidente du CNOSF, rappelle que seule une mobilisation importante permettra de dresser un tableau fidèle des attentes et des besoins de la profession. Les sages-femmes peuvent accéder à la consultation grâce au lien sécurisé diffusé dans les newsletters du Conseil national. Après avoir créé un compte sur la plateforme dédiée, elles peuvent répondre anonymement aux différentes questions.  Participer à la consultation

Actus

Marine Tondelier, première candidate enceinte à l’Élysée

« Une campagne enceinte, c’est sportif » À l’annonce de sa grossesse, Marine Tondelier a ressenti un « vertige ». Mais sa candidature « n’a jamais été remise en question », malgré l’agenda particulièrement chargé qui lui est associé. Après avoir souvent « vomi dans les toilettes des TGV » pendant les municipales, la candidate de 39 ans a parcouru la France en van électrique, à sept mois de grossesse et en pleine canicule, son dossier médical sous le bras. Elle a toutefois renoncé aux deux dernières étapes en raison des fumées très nocives des incendies en Gironde. « C’est crevant », reconnaît-elle, « mais moins que d’être à Paris ». Après avoir tenté, puis renoncé à organiser une primaire avec le Parti socialiste, la leader écologiste a enchaîné les déplacements tout l’été : « Mais je ne demande pas à tout le monde de faire comme moi », rassure-t-elle.  Un autre lien avec les Français Très suivie médicalement, Marine Tondelier promet dans La Tribune dimanche de continuer à faire campagne « tant que c’est raisonnable », et porter « les sujets de santé des femmes, de santé reproductive, de lutte contre l’infertilité, d’accès à la PMA et au DPI-A », le diagnostic pré-implantatoire qu’elle est allée faire en Belgique, car il est interdit en France. Sur le terrain, sa grossesse aurait été « bien reçue » et lui aurait permis de nouer un autre lien avec les Français, les questions portant aussi sur le sexe du bébé ou la date de l’accouchement. Une maternité et un sage-femme en alerte Aux journées d’été des Écologistes, tout avait été anticipé : une clinique à sept minutes, une maternité à quinze, une voiture avec chauffeur et même un militant sage-femme, « prévenu et opérationnel ». Son accouchement est prévu fin septembre. La durée de son congé maternité reste ouverte : « Je m’adapterai à la santé du bébé et à la mienne. Il y a des priorités. Même […]

A la Une

Médicale ou sauvage…Quelle place pour la GPA demain ?

Qu’en est-il sur le sol français ? La société, la législation et les professionnels de santé tentent de s’adapter, mais, pour l’instant, la gestation pour autrui y demeure persona non grata. Cela pourrait-il évoluer ?1 « Même si la GPA est illégale2 en France, la justice est fréquemment obligée de se pencher sur le sujet en raison de cette pression transfrontalière qu’exercent les personnes qui en bénéficient à l’étranger », analyse Laurence Brunet, juriste spécialiste des questions de bioéthique et de médecine de la reproduction, et enseignante à l’Institut des sciences juridiques et philosophiques de la Sorbonne.  L’actualité incarne cette contradiction : le 3 juillet, la Cour de cassation a confirmé l’interdiction française de la GPA, tout en entérinant deux décisions importantes de reconnaissance de la filiation d’enfants nés d’une gestation pour autrui au Canada. Concrètement, au nom du droit de l’enfant au respect de sa vie privée et à la reconnaissance de son identité familiale, la filiation établie au Canada entre ces enfants et leurs deux pères peut produire effet en France et être transcrite sur les registres d’état civil français, lorsque cette filiation a été légalement établie à l’étranger et que le juge français a bien vérifié que la mère porteuse a consenti à la convention de GPA et à ses effets sur ses droits parentaux. Pourquoi cette ouverture vers la reconnaissance, alors que sur le territoire français, cette technique de procréation reste strictement interdite ? Le débat peine à s’articuler en raison de cette incohérence initiale. Si demain la GPA est autorisée en France, elle sera médicale ou ne sera pas, estiment de plus en plus de protagonistes. Mais si le statu quo demeure, il risque de se heurter à des modèles familiaux nouveaux qui se multiplient et le challengent, tels que ceux issus de cas de GPA sauvage.  La GPA pour raison médicale […]

Salwa Aziz © Marion Léopold
Accès libre

Salwa Aziz : « On peut être sage-femme et entrepreneuse »

Vous exercez depuis dix ans. Devenir sage-femme a-t-il toujours été une évidence ? J’ai toujours su que je voulais aider les femmes, être dans le soin et les accompagner dans leur santé, qu’elles soient jeunes ou ménopausées. Tout ce qui touche à la périnatalité, au soin et au bien-être m’attirait. Forte de cette vocation, je suis allée tout droit, sans me poser beaucoup de questions. Comment avez-vous vécu vos études de sage-femme ? Les stages n’étaient pas faciles. À l’époque, nous n’étions pas forcément bien accompagnées, il existait une forme de maltraitance. Il m’est arrivé d’avoir la boule au ventre en franchissant la porte de l’hôpital. Je serrais les dents, je validais et j’avançais vaille que vaille : c’était « le package », à prendre ou à laisser. Depuis, les choses ont évolué. Récemment, je suis retournée dans mon école à Poitiers, pour présenter L-Med. J’ai vu que le bien-être mental des étudiants était davantage pris en compte, qu’ils semblaient moins sous pression. Je suis heureuse de cette évolution ! À peine diplômée, vous êtes partie travailler à Mayotte. Pourquoi ? Il y avait une offre de CDD d’un an au centre hospitalier de Mamoudzou. J’ai postulé juste après mes études et je suis partie à la découverte d’un autre monde. Nous étions beaucoup de jeunes diplômés venus de métropole. Professionnellement, c’était extrêmement formateur : je suis passée dans tous les services de maternité, y compris en salle de naissance. On apprenait très vite, on n’avait pas le choix. L’expérience a aussi été très forte sur le plan personnel. J’ai rencontré des gens extraordinaires. Je peux dire que cette année à Mayotte m’a transformée. Il y avait beaucoup de pauvreté, des enfants non scolarisés, des familles vivant dans des bangas. En toile de fond, il y avait cette situation conflictuelle entre Mayotte et les Comores. J’ai pris ma […]