Mortalité infantile : l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) appelle à redonner la priorité à la périnatalité
Une hausse portée par la mortalité néonatale En 2024, 2 709 enfants sont décédés avant leur premier anniversaire, soit un décès pour 250 naissances vivantes. La hausse observée depuis 2011 s’explique exclusivement par celle de la mortalité néonatale, entre la naissance et le 27e jour, tandis que la mortalité post-néonatale est restée stable. Troisième dans l’Union européenne entre 1996 et 2000, la France occupe le 23e rang depuis 2022. Si elle avait atteint la moyenne européenne de 3,3 ‰ en 2024, 529 décès de moins auraient été enregistrés, calcule l’Igas. Des facteurs démographiques, sanitaires et sociaux Le rapport attribue un rôle prédominant aux facteurs populationnels favorisant notamment la grande et l’extrême prématurité, responsables de l’essentiel de la mortalité néonatale. Il cite l’élévation de l’âge maternel, les grossesses multiples, le surpoids, l’obésité et certaines complications maternelles. La précarité et les difficultés d’accès à la prévention et aux soins aggravent également les risques. Entre 2004 et 2022, le taux moyen variait de 2,2 ‰ chez les enfants de femmes cadres à 5,1 ‰ lorsque les mères étaient inactives ou de catégorie sociale inconnue. Les inégalités territoriales sont particulièrement marquées dans les outre-mer et en Île-de-France. Pas de modèle unique pour les maternités L’Igas ne met pas en évidence de lien direct entre les restructurations des maternités et la hausse de la mortalité infantile. Les comparaisons internationales ne permettent pas non plus de dégager un modèle territorial optimal. Un relèvement du seuil minimal d’activité, fixé à 300 accouchements annuels, ne constituerait donc pas à lui seul une réponse adaptée. Les décisions de maintien ou de fermeture devraient reposer sur la sécurité sanitaire et sur un diagnostic partagé des besoins locaux. Agir sur l’ensemble du parcours L’Igas recommande d’améliorer la prévention et le repérage des grossesses à risque, puis de renforcer la prise en […]
