Pratiques

Régurgitations répétées chez un nourrisson allaité : reflux pathologique ou physiologique

Cas clinique Lina* est âgée de six semaines lorsque je la reçois en consultation pour « reflux gastro-œsophagien ». Née à terme, eutrophe, sans antécédent particulier, elle est allaitée exclusivement. La prise de poids est satisfaisante, les tétées sont efficaces, sans douleur maternelle. Depuis la troisième semaine de vie, ses parents décrivent des régurgitations quotidiennes, parfois après chaque tétée. Il s’agit d’écoulements lactés, spontanés, sans effort, survenant peu de temps après la tétée. Lina ne pleure pas pendant l’épisode, ne présente ni toux persistante, ni cyanose, ni malaise. Son examen clinique est strictement normal. L’inquiétude des parents s’est majorée après plusieurs régurgitations « abondantes » et leurs recherches sur internet qui les a amenés à consulter en urgence craignant un « RGO ». Le médecin traitant évoque également un RGO et propose l’introduction d’ésoméprazole (Inexium®), sans réalisation de pH-métrie ni signe d’œsophagite. La mère, désireuse de poursuivre l’allaitement, s’interroge sur la pertinence du traitement car elle a lu que ce traitement n’était pas conseillé à cet âge. L’anamnèse détaillée retrouve un nourrisson tonique, avec une croissance harmonieuse, sans irritabilité particulière ni refus alimentaire. Les régurgitations sont indolores, sans retentissement staturopondéral. Le diagnostic retenu est celui d’un reflux gastro-œsophagien physiologique. Après avoir reçu des informations concernant la physiologie des régurgitations et des « RGO physiologiques » et après avoir compris que ces remontées de lait maternel dans les voies aériennes supérieures et dans les trompes d’Eustache avaient un rôle protecteur en tapissant tout le système ORL d’anticorps du lait maternel — c’est d’ailleurs l’une des explications de la diminution du risque d’otites et d’infections respiratoires chez les nourrissons allaités — la maman était rassurée et elle a d’elle-même, décidé de ne pas donner le traitement médicamenteux prescrit. Discussion Le reflux gastro-œsophagien (RGO) est défini comme la remontée involontaire du contenu gastrique dans l’œsophage. Il est extrêmement fréquent chez le...

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Grand Angle

Accompagner les femmes enceintes et les mères à la rue : l’alliance entre le médical et le social (Partie 1). Immersion au sein de l’ESI Georgette-Agutte à Paris

« L’ESI Georgette-Agutte est réservé aux femmes enceintes et aux mères. L’accès à l’établissement est interdit aux hommes. » L’affiche est collée sur la porte du lieu d’accueil, situé dans le XVIIIème arrondissement de Paris. Le message est traduit en plusieurs langues.  Ce lieu d’accueil de jour, géré par une association, est autant un lieu de vie qu’un lieu de suivi social. L’équipe fixe se compose de trois accompagnantes éducatives et sociales, trois éducateurs spécialisés (au moment de la rédaction de cet article, ils sont en sous-effectif et sont seulement deux), et une psychologue à temps plein.  Des intervenantes extérieures de la PMI Hors les murs, viennent chaque semaine pour y faire des entretiens, dans une démarche « d’aller-vers » : deux sages-femmes pour les mères et une infirmière puéricultrice pour les enfants. Des bénévoles peuvent venir ponctuellement animer des ateliers. La structure est ouverte au public du mardi au samedi, de 9 h 15 à 16 h 30 et met à disposition pour ces familles une grande salle de vie collective, une cuisine, une laverie, une bagagerie, une salle de bains, une salle de repos, une cour extérieure… Les pièces sont spacieuses et lumineuses, adaptées pour accueillir les dizaines de femmes et enfants qui viennent s’y présenter. L’ESI Georgette Agutte est un lieu de vie accueillant, où les femmes et leurs enfants peuvent non seulement se (re)poser et créer des liens sociaux, mais aussi bénéficier d’un suivi psychomédicosocial avec l’équipe en place. Qui sont les femmes « à la rue » que vous accueillez ? Est-ce que « à la rue » signifie qu’elles sont dans la rue, sur le trottoir ?  Maud (infirmière) : Pour la grande majorité, ce sont des femmes exilées qui fuient un pays, une zone de conflit, ou des conditions de vie violentes (mariage forcé, excision, violences conjugales et familiales…). Durant leur parcours migratoire, elles peuvent subir des violences sexuelles....

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Actus

À Brest, la première faculté de maïeutique en France travaille à améliorer la prise en charge de la santé des femmes

L’heure des partiels a sonné à la faculté de médecine de Brest ! En cette matinée de début janvier, les futurs médecins s’agglutinent devant les salles d’examen du rez-de–chaussée. Un étage plus haut, les couloirs de la première faculté de maïeutique française sont, eux, bien silencieux. Seules des voix proviennent de la salle de cours de Maï Le Du, enseignante-chercheuse en maïeutique. Les étudiantes de quatrième année y discutent de leur sujet de mémoire de recherches.  Faustine aimerait questionner les différences de pratiques des sages-femmes face à une déchirure superficielle. « Les sages-femmes en milieu hospitalier ont-elles davantage tendance à recoudre que celles qui exercent en maison de naissance ou à domicile ? », se demande la jeune étudiante. La question suscite un échange sur les expériences vécues en stage des futures professionnelles. Maï Le Du écoute attentivement. D’après les étudiantes, la suture semble prévaloir à l’hôpital, plutôt qu’en maison de naissance. « Peut-être parce que les femmes sont sous péridurale ? », avance une des étudiantes. « Pourtant, d’après une étude, les femmes avec sutures vont avoir plus de douleurs dans les premiers jours contrairement à celles qui ne sont pas suturées », répond Faustine. Mais alors comment expliquer une telle différence entre pratique et théorie ? « Là ça devient intéressant, sourit Maï Le Du. Votre sujet de mémoire Faustine sera d’essayer d’expliquer cette contradiction. » Questionner les pratiques des sages-femmes, ce qui les guide et ainsi, les faire évoluer sont les objectifs de ces travaux dirigés de recherche donnés aux quatrièmes et cinquièmes années en préparation de leur mémoire. L’ancienne école de maïeutique est devenue une unité de formation et de recherche (UFR) en 2024 : la première faculté de maïeutique en France.  Le passage à l’UFR Ces missions deviennent d’autant plus importantes que l’ancienne école de maïeutique est devenue une unité de formation et de recherche en 2024 : la...

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Portrait

Hélène Saulnier, sage-femme, acupunctrice, hypnopraticienne

Pourquoi sage-femme ? À 7 ans, je suis tombée sur une revue Parents – je l’ai toujours (Cf. photo page 11) – où l’on voyait une naissance. À l’époque, les photos étaient moins timorées qu’aujourd’hui, on montrait des images très concrètes. On voyait ce qu’on appelle « le grand couronnement », ce moment où la tête du bébé sort et dilate complètement le périnée. Là ou plein d’autres petites filles auraient dit « beurk », j’ai dit : « C’est ça que je veux faire ! » Cette fascination ne m’a jamais quittée. Encore aujourd’hui, à chaque naissance, à chaque « couronnement », c’est une émotion très particulière. C’est comme si je perdais ma technicité, ou plutôt comme si je la dépassais. Un autre espace s’ouvre à moi, à chaque fois.  Comment avez-vous vécu vos études à l’école de sages-femmes ? Tout conspirait pour que je devienne sage-femme. Ou peut-être ai-je simplement été chanceuse ! J’ai eu le concours directement, dans ma ville, à Nantes. J’ai commencé l’école en 1989. Une brochure trouvée dans un centre d’orientation disait : « Sage-femme : se taire pour apprendre ! » Ça parait curieux aujourd’hui, mais ça me correspondait bien. J’étais un bon petit soldat, éduquée très tôt à l’abnégation.J’ai vu des copines sages-femmes se rebeller pendant leur cursus, face aux rigidités, contre la façon dont nous étions traitées… Moi ça m’allait, je ne connaissais pas autre chose. J’ai fait mes quatre ans sans difficulté, à un incident près : en salle d’accouchement, un duo de sages-femmes terrorisait les étudiantes. Leur réputation était épouvantable, pour rien au monde il ne fallait tomber sur elles. Quand j’ai su que ma première garde serait avec ce duo, j’en ai fait un zona. Je n’ai pas pu aller en salle d’accouchement avec elles. Mon corps m’a sauvé. À part ce hic de démarrage, j’ai apprécié mes études. J’ai surtout rencontré des sages-femmes extraordinaires, dont une […]

A la Une

Plateaux techniques, suivi global, le futur de la périnatalité ?

Bienvenue dans le futur de la périnatalité ! Un monde où les femmes peuvent choisir comment elles veulent accoucher. Parmi les différentes options : accoucher comme à la maison, avec la sécurité offerte par l’hôpital. C’est le plateau technique (PT), « soit le meilleur des deux mondes, puisqu’il donne la possibilité de faire de la physio à peu près complète, tout en ayant accès aux services de pointe de la maternité » aime à répéter Willy Belhassen, membre fondateur du groupe Naissances créé en 2006.  On est encore trèèèès loin de ce futur où les femmes auront d’autres choix que de « se faire prendre en charge à l’hôpital », puisque « aujourd’hui, l’accouchement en plateau technique (APT) et le suivi global, c’est moins de 1 % des naissances en France – une centaine de PT sur tout le territoire – même s’il y a une demande croissante », clarifie Anthony Bouvier, sage-femme au Nid’ Antibes, le premier PT des Alpes-Maritimes.  Et c’est ce qui peine Nezha Sahmi, autre membre historique du groupe Naissances, pour qui « on n’est pas censé prendre en charge une femme qui accouche, mais l’accompagner. Il n’y a pas que des accouchements physiologiques en PT. On peut accompagner des femmes qui ont eu des césariennes. Qui ont du cholestérol. Qui ont des bébés énormes ou de tout petits bébés ». Une notion qui va à l’encontre des idées reçues selon lesquelles le PT n’est que pour les accouchements physiologiques et sans complications. Beaucoup de professionnels s’imaginent encore que, « la physiologie, c’est de ne rien faire ».  Encore méconnu par les gynécologues, et même par les sages-femmes, le sujet monte tout de même parmi les libérales enthousiasmées par la perspective d’offrir du one-to-one à leurs patientes et de (re)faire de l’accouchement. Chez les patientes, le PT représente une alternative de suivi global intéressante à la maison de naissance...

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Les différents recours en cas de burn-out
Point juridique

Les différents recours en cas de burn-out

Le burn out est causé par une surcharge de travail, souvent combinée à un surinvestissement personnel, qui s’accumulent et conduisent à un effondrement physique et psychique.  Le burn-out peut survenir très brutalement, par une incapacité physique soudaine à sortir du lit, à allumer son ordinateur ou à démarrer la voiture.  Le burn-out se réfère spécifiquement à la sphère professionnelle et y représente un risque psychosocial majeur.  Il existe des recours pour les sages-femmes salariées en cas de burn-out, s’il peut être prouvé que c’est bien l’employeur qui a causé ce syndrome d’épuisement. En revanche, les possibilités sont très limitées pour les sages-femmes libérales, malheureusement plus susceptibles de faire un burn-out.  Les possibilités de recours pour les sages-femmes salariées en cas de burn-out  Qu’elle soit salariée du secteur privé ou fonctionnaire, la sage-femme a des possibilités de recours en cas de burn-out.  Dans le secteur privé Dans le secteur privé, l’article L.4121-1 du Code du travail dispose que l’employeur a l’obligation de garantir la santé physique et mentale de ses salariés. Le burn-out est un risque psychosocial contre lequel l’employeur est tenu de protéger son salarié, quelle que soit l’entreprise, sa taille et son secteur d’activité.  Le burn-out ne fait pas partie des maladies prises en charge au titre des affections professionnelles (maladies désignées dans un tableau des maladies professionnelles de la Sécurité sociale), mais il peut néanmoins faire l’objet d’une reconnaissance en tant que maladie professionnelle. Cette reconnaissance peut intervenir au terme d’une procédure d’instruction impliquant la saisine d’un comité régional de reconnaissance des maladies professionnelles (CRRMP). La procédure est encadrée et repose sur un faisceau d’éléments médicaux et professionnels.  Deux conditions très exigeantes doivent être réunies pour que la maladie soit reconnue d’origine professionnelle : l’existence d’un lien direct et essentiel entre la pathologie et le travail habituel et un taux d’incapacité permanente partielle au...

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Pratiques

L’activité libérale selon Louise et Sophie – Épisode 4 : « Happy end ! » 

Désormais Louise est installée depuis plus de six mois et Sophie se demande bien comment se passe son activité. Elle décide de lui envoyer un message pour prendre de ses nouvelles. Louise se réjouit que sa mentore ne l’ait pas oubliée et se hâte de lui raconter la suite. Elle en profiterait bien pour lui poser encore quelques questions ! Elles fixent ensemble un rendez-vous téléphonique. — Sophie… comme ton message m’a fait plaisir ! Je pensais que tu m’avais oubliée ! — Ah… non ! Je pense souvent à toi mais je sais que les débuts sont souvent denses, je n’osais pas te déranger ! Alors où en es-tu ? — Tu as bien fait de prendre des nouvelles, j’ai hâte de te raconter la suite ! D’abord, ça me plaît beaucoup ! Nous nous sommes bien réparti l’agenda avec mon associée Mathilde et l’entente est vraiment bonne. J’aime beaucoup la relation avec les patientes tout au long de la grossesse. Ce n’était pas possible à la maternité. Et quel bonheur de ne plus faire de nuits de garde ! Bon, il me faut travailler quand même quelques week-ends, en particulier pour les sorties précoces de maternité. — Super ! Je suis contente que le statut de libérale te plaise. C’est vrai que l’on travaille parfois le week-end comme nos consœurs salariées. Ce sont, parfois, un peu les couples qui décident de notre agenda ! Cela permet aussi de faire fonctionner le cabinet et que les patientes puissent avoir un bon suivi. D’ailleurs, as-tu pu proposer une offre de soins qui n’existait pas dans ta région ? — J’avais déjà acté avec Mathilde que je ferais de l’obstétrique, car elle voulait justement développer la gynécologie et la sexologie grâce à son nouveau diplôme universitaire. C’est ce qui a motivé sa recherche de collaboratrice, car elle ne pouvait pas tout faire depuis...

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L’éducatrice de jeunes enfants Christelle Bardez anime un atelier d’apaisement et relaxation de l’enfant avec son parent.
Grand Angle

L’Association 1 000 jours ensemble, espace d’entraide et de soutien à la parentalité 

Créée en 2022, l’Association 1 000 jours ensemble accompagne les familles du début de la grossesse jusqu’aux trois ans de l’enfant, en proposant des ateliers thématiques et des temps d’échanges. Le projet est né de la rencontre entre la sage-femme Bertille Sève et d’autres professionnelles de la périnatalité : la psychologue Marie Canteloup-Escure, l’infirmière puéricultrice Alice Gioberti et la kinésithérapeute Estelle Calvo. Ensemble, elles ouvrent d’abord le cabinet périnatal La Chrysalide, pour accompagner les femmes avant et après la grossesse. Mais rapidement, vient l’idée d’aller plus loin en créant une association consacrée à la parentalité.  L’union des compétences pour accompagner les familles « En tant que sage-femme, je proposais à mes patientes les séances classiques de préparation à la naissance, mais j’ai senti que ce n’était pas suffisant. Avec les professionnelles de l’Association 1 000 jours ensemble, on a réalisé qu’on partageait la même envie de faire un accompagnement post-natal, et de créer un espace d’échanges et de soutien pour les parents », explique Bertille Sève, sage-femme et présidente de l’association. Alice Gioberti, infirmière puéricultrice, ajoute : « Il existait déjà quelques associations sur le territoire, mais finalement assez peu de ressources par rapport aux besoins identifiés.Les familles exprimaient le besoin d’être accompagnées, de se rencontrer et de rompre avec l’isolement. De là est née l’idée de créer une association avec des ateliers et des groupes d’entraide. Au fur et à mesure, on a affiné les propositions par rapport aux demandes des familles. » Soutenue par la pédopsychiatre Claire Van den Hove et des médecins, dont la pédiatre Bernadette Lavollay, l’Association 1 000 jours ensemble est lancée en 2022. Des professionnel.le.s aux profils variés (éducateur·rice·s spécialisé·e·s, pompiers, diététicien·ne·s, sophrologues…) ont rejoint les praticiennes de La Chrysalide et aujourd’hui, une grande diversité d’ateliers est proposée, comme l’initiation aux gestes de premiers secours, la santé environnementale, l’éveil psychomoteur, la diversification alimentaire,...

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Verdun, une seule maternité pour tout un département
Grand Angle

Verdun, une seule maternité pour tout un département

Pourtant, avec moins de 1  000 accouchements par an, la petite maternité lorraine pourrait être visée par une fermeture, comme le préconise l’Académie de médecine dans un rapport publié en mars 2023. Comment s’organisent les parturientes et les services de soin dans la situation actuelle ?  Et surtout, pourrait-on voir disparaître le dernier plateau technique de la Meuse ? « Pour mon premier, j’ai accouché au mois de décembre, se remémore Angélique Camus-Noël. On avait de la neige, du verglas, et arrivés à Verdun, on m’a dit que ce n’étaient pas des contractions de travail. J’ai dû rentrer chez moi, alors que j’avais 1h15 de route. » Le lendemain, rebelote ! Elle enchaîne les kilomètres en pensant que le moment est arrivé, avant que l’hôpital ne l’autorise à rester en chambre. Cette Meusienne a mis au monde ses deux enfants à Verdun,sa maternité de secteur située pourtant à une cinquantaine de kilomètres de chez elle. « J’habite dans un petit village près de Montmédy, et pour me rendre à Verdun, je dois passer par le bois des Caures. Cela signifie plusieurs kilomètres boisés, sans réseau… J’appréhendais beaucoup ce moment », se rappelle-t-elle. Une situation stressante, d’autant plus que la jeune femme n’avait à l’époque pas bénéficié de préparation à l’accouchement. « Je n’ai eu aucun cours, car il aurait fallu aller à Verdun. Ça me faisait beaucoup trop de kilomètres et d’essence, juste pour une heure. » « La petite est née dans la voiture » De son côté, Charlène Collet réside à Cheppy, petit village de 156 âmes à un peu moins d’une heure de Verdun. En avril dernier, elle met au monde sa petite fille et vit une expérience semblable.« J’ai commencé à avoir des contractions vers cinq heures du matin. En arrivant à l’hôpital, j’ai fait des examens et ils m’ont dit que le col n’était pas assez ouvert. J’ai...

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Ce temps d’échange s’inscrit dans une démarche plus large : prévenir les violences obstétricales et gynécologiques. Photos : © Charlotte Hervot
Actus

À Rennes, un « Café papote » pour repenser le vécu du déclenchement 

Jus d’orange, café, cookies… Autour de la table, l’ambiance se veut conviviale. Pourtant, dans ce café du centre-ville de Rennes (Ille-et-Vilaine), c’est une rencontre inédite. Trois patientes, toutes déclenchées pour dépassement de terme, échangent avec trois professionnelles du CHU : Marie Gourdel-Gautier, sage-femme coordinatrice en maïeutique du pôle Femme-Enfant ; la gynécologue Louise Jacquot-Thierry et l’interne Bertille Canton. Ensemble, elles participent au premier « Café papote » consacré au déclenchement. « À quoi vous fait penser le mot déclenchement ? », lance l’interne. Sur les post-it s’affichent : « douleur », « peur de l’échec », « possible sans péri ? » Peu à peu, la parole se libère.Bérangère Dréno se souvient : « La grossesse se passait bien. À J+1, je suis allée au CHU pour un monitoring et j’ai été prise de stress. » Elle s’interrompt. « Je peux tout entendre, c’est même important que vous puissiez vous exprimer », l’encourage Marie Gourdel-Gautier. Alors la jeune femme poursuit : « D’un coup, tout est devenu médicalisé, des femmes branchées partout… » Justine Lebrun acquiesce : « Le premier rendez-vous m’a rassurée, mais je suis sortie du suivant en pleurant. » Identifier les zones grises Pour l’équipe, il s’agit d’identifier ce qui, dans les mots, les gestes ou les procédures, peut générer stress, incompréhension ou sentiment de dépossession.« Le manque d’explications, les temps d’attente, les protocoles perçus comme imposés peuvent être vécus comme une violence, même sans intention », observe Louise Jacquot-Thierry. Ce temps d’échange s’inscrit dans une démarche plus large : prévenir les violences obstétricales et gynécologiques. Dresser un état des lieux du vécu du déclenchement pour ajuster l’information donnée aux femmes en est un levier. « On part souvent du postulat qu’un accouchement “naturel” serait forcément bien vécu, tandis qu’un déclenchement le serait moins. Ce n’est pas si simple », souligne la sage-femme. Des pratiques qui évoluent L’initiative intervient alors que les déclenchements augmentent : près d’un accouchement sur quatre en France, et « entre 25 et 30 % des naissances » au...

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