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Endométriose : une douleur ancienne longtemps enfermée dans les représentations du féminin

Dans l’Antiquité grecque, ces douleurs étaient interprétées à travers la théorie de l’« utérus errant ». Selon cette conception, l’utérus d’une femme errait dans son corps jusqu’à ce que la grossesse le fixe à sa place. Cette mobilié dans le corps féminin pouvait provoquer des troubles très divers, physiques comme psychiques. Cette explication était erronée, mais elle montre une chose essentielle : les symptômes existaient, sans qu’ils soient reliés à une pathologie précise. Quand la douleur féminine devient un problème moral ou psychologique Au fil des siècles, cette lecture s’est prolongée sous d’autres formes. Les douleurs gynécologiques ont souvent été perçues comme une fatalité liée à la condition féminine, plutôt que comme un motif d’investigation médicale. C’est dans cette histoire que s’inscrit le terme d’« hystérie », dérivé du grec hystera, qui signifie « utérus ». Cette notion a durablement entretenu la confusion entre symptômes corporels et représentations sociales du féminin, nourrissant des interprétations psychologiques ou morales. Une reconnaissance médicale tardive Il faut attendre les années 1860 pour qu’un premier tournant s’opère grâce à Karl von Rokitansky.Ce pathologiste et philosophe autrichien est le premier à décrire des lésions contenant un tissu glandulaire ressemblant à la muqueuse utérine, localisé en dehors de l’utérus. Puis, entre 1921 et 1927, le gynécologue américain John A. Sampson introduit le terme d’« endométriose » et propose d’en faire une entité clinique distincte. Pourtant, cette avancée conceptuelle ne débouche pas immédiatement sur une meilleure prise en charge : durant une grande partie du XXe siècle, les douleurs menstruelles restent largement banalisées. Une histoire qui pèse encore  Si les connaissances ont progressé et si l’endométriose est aujourd’hui mieux reconnue, l’errance diagnostique encore fréquente, ne tient pas seulement à la complexité de cette maladie et à l’hétérogénéité de ses symptômes : elle s’inscrit aussi dans la persistance de représentations sociales et culturelles autour des règles et de la douleur […]

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Activité physique maternelle et neuro­développement de l’enfant

Cinq domaines du développement évalués L’activité physique des mères a été mesurée avant la grossesse puis en milieu de grossesse. Le neurodéveloppement des enfants a, lui, été évalué tous les six mois, de 6 mois à 3 ans, dans cinq domaines : communication, motricité globale, motricité fine, résolution de problèmes et compétences personnelles-sociales. Un effet surtout visible à 6 mois À 6 mois, une activité physique plus élevée avant la grossesse est associée à des résultats plus favorables dans l’ensemble des domaines explorés. Une activité physique plus importante en milieu de grossesse est, elle aussi, associée à des résultats plus favorables à cet âge, en particulier pour la motricité globale, la motricité fine et la résolution de problèmes. Des associations plus limitées à 3 ans À 3 ans, les associations sont beaucoup plus atténuées : seule l’activité physique avant la grossesse reste associée à des résultats plus favorables dans le domaine de la résolution de problèmes. Aucune association n’est retrouvée, à cet âge, avec l’activité physique mesurée en milieu de grossesse. Une piste intéressante pour la motricité précoce Au total, cette étude suggère que l’activité physique maternelle avant et pendant la grossesse pourrait être liée à un neurodéveloppement plus favorable de l’enfant, en particulier sur le plan moteur au cours de la première année de vie. Les auteurs soulignent toutefois que des travaux complémentaires sont nécessaires pour mieux comprendre les mécanismes physiologiques en jeu. Source : Physical Activity Before and During Pregnancy and Neurodevelopment in Early Childhood, Jama, 3 mars 2026

Pratiques

Ménorragies, toutes concernées ?

Une situation courante qui ne doit pas être tue Depuis son retour de couches il y a un an et demi, Amélia souffre de règles très abondantes. « C’est de pire en pire au fil du temps et depuis quelques mois je me pose des questions, je me dis que ce n’est peut-être pas normal. » Cette situation handicape la jeune femme au quotidien. Elle doit cumuler le port d’un tampon et d’une serviette et les changer sans cesse. « La nuit, les protections maxi ne suffisent pas, je suis systématiquement tachée le matin. Je suis obligée d’aller me doucher avant même de m’occuper de ma fille qui m’appelle en pleurant. » Amélia regrette que sa charge mentale soit alourdie par ces règles abondantes, et constate également que le coût financier des menstruations n’en est que plus important. Comme elle, de nombreuses femmes sont touchées par les ménorragies, parfois accompagnées de dysménorrhées.  Camille, qui souffre de règles abondantes depuis son adolescence, trouve que cela la fatigue beaucoup. Julie, qui est également concernée depuis ses premières règles, n’a pris conscience que son flux était très abondant il y a quelques années seulement.« Utiliser une cup m’a permis de constater que je perdais bien plus de sang que le fond de verre dont on parle généralement. » Cela impacte sa vie professionnelle, sa vie sociale, sa vie sexuelle mais aussi sa santé. « Je fais des anémies à répétition à cause de ça. » « Je fais des anémies à répétition à cause de ça » Julie, patiente souffrant de ménorragies depuis ses premières règles En effet, si un flux normal correspond à une perte de moins de 80 ml de sang pendant les menstruations, des règles hémorragiques peuvent atteindre un volume allant jusqu’à 150 ml de sang écoulé. Pour s’en rendre compte, il existe un outil médical de mesure : le […]

Actus

SAMa : Soutien Accompagnement Maternité. À Villeneuve-Saint-Georges, un accompagnement sur mesure pour les femmes les plus vulnérables 

Un besoin né du terrain « Chez certaines femmes qui arrivaient aux urgences, quelque chose ne tournait pas rond. Je me sentais désarmée », relate Maud Bérardier, sage-femme au CHIV. « À l’école de sages-femmes, on nous apprend à être de bonnes techniciennes, mais pas tellement à communiquer. » Partant de ce constat, elle suit d’abord le DU Violences faites aux femmes (VFF), puis un DU Précarité, Santé maternelle et périnatale. De son côté, Solène Cottin, sage-femme de PMI dans le Val-de-Marne, est inscrite au même diplôme universitaire et s’apprête à prendre le poste de sage-femme PMI de liaison à la maternité. La rencontre de ces deux professionnelles engagées se révèle décisive. « L’ARS voulait faire baisser les taux de mortalité dans le 94. Fortes de son soutien, nous avons monté le projet et l’unité SAMa a ouvert en 2025 », précisent-elles. Une unité pensée pour son territoire Le SAMa s’inscrit dans le sillage des UAP (unités d’accompagnement personnalisé), déjà implantées en Seine-Saint-Denis. « On a regardé ce qui existait ailleurs, notamment dans le 93, et on s’est dit que notre territoire avait des besoins très comparables. » Le SAMa constitue ainsi la première UAP du sud de l’Île-de-France. Implantée à la frontière du Val-de-Marne et de l’Essonne, la maternité rayonne sur deux bassins de population. « Les profils diffèrent légèrement selon les départements, mais les besoins existent des deux côtés », soulignent les deux sages-femmes. « Du premier rendez-vous à aujourd’hui, je ne me suis jamais sentie seule » Des vulnérabilités multiples Parcours migratoires, isolement, troubles psychiatriques, violences, deuils périnataux, dénis de grossesse, parcours en aide sociale à l’enfance… les vulnérabilités sont multiples, s’additionnent et s’entrecroisent.En ce moment, les violences conjugales à elles seules concernent près d’une femme sur trois au sein de l’unité SAMa. Repérer et orienter L’adressage des patientes à l’unité SAMa intervient après l’échographie du premier […]

A la Une

Marion Vallet, Objectif bébé !

Pourquoi sage-femme ? Je ne crois pas que l’on fasse ce métier par hasard. Dans mon cas, tout s’est joué quand j’avais 14 ans, à la naissance de mon petit frère. J’étais à la maternité, auprès de ma mère, quand une sage-femme est entrée dans la chambre et a simplement demandé : « Est-ce que vous avez besoin de quelque chose ? » Allez savoir ce qui s’est passé dans ma tête, je me suis dit : « C’est ça, je veux être sage-femme ! » C’est dingue, parce que cette dame n’avait rien fait ni rien dit d’extraordinaire. Un coup de foudre mystérieux, en somme, pour un métier dont j’ignorais tout.  Vous n’avez jamais douté ?  Si. En première année de médecine, c’était si difficile que je me suis interrogée : « J’espère que je ne fais pas tout ça pour une lubie. »Ensuite, lorsque j’ai eu médecine, un autre doute est arrivé : puisque j’avais le choix, pourquoi ne pas devenir médecin ? J’avais malgré moi l’impression qu’être sage-femme, c’était peut-être un peu en-dessous, simplement parce que les études étaient plus courtes et le champ de compétences plus étroit. J’avais le sentiment que j’allais me fermer des portes. C’était une idée reçue, je sais, mais qui m’a fait vaciller un temps. Qu’est-ce qui vous a décidé ? Une phrase libératrice. Pendant un stage que j’ai choisi d’effectuer pour mûrir mon projet, un médecin m’a dit : « C’est sûr que si tu choisis sage-femme, tu vas te fermer des portes. Mais en même temps, libre à toi d’être une sage-femme experte. » Ça a été décisif. Je me suis dit : « Je vais faire sage-femme, c’est ce que je veux depuis toujours. Et je deviendrai une sage-femme experte ! »Une sage-femme aussi a de nombreux champs d’expertise possibles. Libre à chacune d’être la sage-femme qu’elle souhaite. Vous avez récemment pris la parole sur les réseaux sociaux, précisément à ce sujet… […]

Actus

Les sages-femmes reconnues comme indispensables à la santé des femmes par le Parlement européen

Une reconnaissance inédite Cette résolution reconnaît que la qualité des soins de pratique sage-femme :  Elle invite la Commission européenne à élaborer des standards communs à l’échelle de l’Union pour les soins anténatals, l’accouchement, le postnatal, ainsi que pour la santé maternelle et néonatale. Il demande aussi une mise à jour de la directive européenne sur la maïeutique, afin de l’aligner sur les standards internationaux et de faciliter le partage de bonnes pratiques entre pays. Des demandes concrètes pour la santé des femmes La résolution parlementaire s’inscrit dans un texte plus large consacré aux inégalités de santé qui touchent les femmes. Le Parlement appelle la Commission à développer une approche « sensible au genre » en matière de santé, en ciblant notamment la santé maternelle, la santé mentale, le cancer et l’endométriose. Il demande également un cadre européen sur l’usage sûr des médicaments pendant la grossesse et l’allaitement, ainsi qu’un accès complet à des soins sexuels et reproductifs de qualité, comprenant des soins obstétricaux et de maïeutique respectueux. Un signal politique fort, mais non contraignant Cette résolution n’a pas de valeur juridiquement contraignante, mais elle fixe une orientation politique claire pour les travaux à venir de la Commission en vue de la stratégie 2026-2030. L’ICM rappelle avoir pris part à la consultation publique préalable et avoir mobilisé ses partenaires européens pour faire reconnaître explicitement le rôle des sages-femmes dans ce cadre stratégique. À l’échelle européenne, la maïeutique est désormais explicitement inscrite dans le débat sur la santé des femmes et sur l’égalité de genre. Reste à voir comment cette reconnaissance politique se traduira concrètement dans les futurs textes européens. Source : International Confederation of Midwives, 14 avril 2026

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Les Pays de la Loire, seule région à tenir le cap des naissances

L’exception ligérienne 35 400 naissances. Ni une de plus, ni une de moins qu’en 2024. Dans un contexte de recul généralisé de la natalité en France métropolitaine, les Pays de la Loire font figure d’anomalie statistique. L’Insee, dans une étude flash publiée début avril, qualifie lui-même le phénomène d’« exception ligérienne ». La région cumule en effet deux facteurs favorables : une attractivité toujours forte de la façade atlantique, et une proportion de femmes en âge de procréer en hausse de 0,7 %, reflet direct des flux migratoires qui alimentent sa croissance démographique — la population régionale a bondi de 6,1 % entre 2016 et 2026 pour atteindre 3,965 millions d’habitants. Un répit, pas un rebond Mais gare à l’emballement. « Il est beaucoup trop tôt pour extrapoler une dynamique plus large à partir de ce palier », tempère Arnaud Fizzala, chef des projets d’études à l’Insee et co-auteur de l’étude. Et les premiers chiffres de 2026 refroidissent déjà les espoirs : janvier et février semblent pointer vers une reprise de la baisse. La stabilité de 2025 résulte en réalité de deux forces contraires qui se neutralisent : d’un côté, une fécondité en léger recul (l’indicateur conjoncturel tombe à 1,59 contre 1,60 en 2024) ; de l’autre, un nombre croissant de femmes dans la tranche des 20-40 ans. Équilibre précaire. Le solde naturel, lui, continue de se dégrader Les naissances ont beau tenir, les décès progressent : 38 000 en 2025, soit 700 de plus qu’en 2024, notamment sous l’effet d’une sévère épidémie de grippe hivernale. Résultat, le solde naturel régional accuse un déficit de 2 600 personnes — contre 1 900 un an plus tôt. La Loire-Atlantique reste le seul département à afficher un solde positif ; le Maine-et-Loire bascule dans le rouge pour la première fois. C’est le vieillissement des générations du baby-boom qui, structurellement, tire les décès vers le haut. La natalité, un défi […]

Actus

Inauguration du « jardin du souvenir » de l’Hôpital Bicêtre, lieu mémoriel dédié au deuil périnatal

Depuis plus d’un an, une équipe pluridisciplinaire de la maternité de Bicêtre s’est mobilisée pour améliorer la prise en charge du deuil périnatal par différentes actions concrètes dont le « jardin du souvenir » était le point d’orgue. Cet espace, à l’abri de l’agitation de l’hôpital, se veut être un lieu où les familles peuvent venir se recueillir et accrocher un ruban aux bambous, en souvenir de leur bébé parti trop tôt. Il contribue enfin à rendre visible le deuil périnatal qui est trop longtemps resté un tabou.

Actus

NOUVEAU CODE NAF* POUR LES SAGES-FEMMES : 86.94H 

Au 1er janvier 2027, les sages-femmes changent de code NAF (Nomenclature des activités françaises ). Adieu 86.90D (activités des infirmiers et des sages-femmes), les sages-femmes ont désormais un code spécifique 86.94H (activités de maïeutique).  Chaque sage-femme peut dès maintenant s’assurer sur le site Sirene que son code a bien été modifié. https://sirene.gouv.fr * Attribué par l’Insee, le code APE permet d’identifier l’activité principale d’une entreprise ou d’un établissement.

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Le Gouvernement annonce le remboursement des protections périodiques réutilisables

À la rentrée universitaire, les protections périodiques réutilisables seront remboursées pour toutes les femmes de moins de 26 ans, ainsi que pour les bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire. Cette mesure devrait concerner 6,7 millions de personnes.  Lutter contre la précarité menstruelle Elle répond à un triple objectif : lutter contre la précarité menstruelle, soutenir le pouvoir d’achat et favoriser l’usage de protections plus durables, jugées plus respectueuses de l’environnement et sans danger pour la santé. Elle traduit la volonté du Gouvernement de garantir à chacune « un accès simple, concret et effectif à des protections essentielles pour la santé, l’autonomie et la dignité ».