Recherche

Prééclampsie sévère : aphérèse à l’étude

L’aphérèse consiste à faire circuler le sang hors de l’organisme pour en retirer certains composants, avant de réinjecter le reste au patient. Dans cette étude, elle a réduit d’environ 50 % les taux de sFlt-1 chez des femelles babouins gestantes. Chez seize femmes présentant une prééclampsie très précoce, elle a été associée à une baisse de sFlt-1, à une légère diminution de la pression artérielle et à une prolongation médiane de la grossesse de dix jours après l’admission, contre quatre jours chez les femmes non traitées. Les effets indésirables rapportés étaient bénins. Des essais contrôlés de plus grande ampleur seront nécessaires pour confirmer l’efficacité et la sécurité de cette stratégie.

Recherche

Bouger, moins rester assis et mieux dormir, trois leviers pour prévenir la démence ?

Une réduction du risque associée à l’activité physique Les données les plus nombreuses concernent l’activité physique : 49 études, portant sur plus de 2,85 millions de participants. Une pratique régulière, définie par au moins 150 minutes d’activité physique par semaine, était associée à une réduction de 25 % du risque de démence. Les auteurs signalent toutefois une hétérogénéité substantielle entre les études. La sédentarité associée à un sur-risque À l’inverse, rester assis huit heures ou plus par jour était associé à une augmentation de 27 % du risque de démence. Ce résultat repose sur trois études, réunissant 295 809 participants. Il doit être considéré avec prudence, les auteurs relevant un risque de biais élevé. Un sommeil trop court ou trop long également concerné Les analyses portant sur le sommeil, menées auprès de plus de 1,34 million de personnes, montrent elles aussi une association avec le risque de démence. Une durée de sommeil inférieure à sept heures par nuit était associée à une augmentation du risque de 18 %. À l’inverse, un sommeil supérieur à huit heures était associé à une augmentation du risque encore plus marquée, à 28 %. Des résultats à prendre avec prudence Les auteurs de l’étude incitent toutefois à la prudence : les comportements étudiés étaient principalement autodéclarés et une causalité inverse ne peut être exclue. En effet, la phase préclinique de la démence peut précéder les symptômes de plusieurs décennies et influer sur le niveau d’activité, le temps passé assis ou le sommeil. Les auteurs estiment néanmoins qu’un quotidien combinant activité physique régulière, réduction de la sédentarité et sommeil de sept à huit heures pourrait contribuer à retarder l’apparition de la démence.  Source : Démence et mode de vie : et si on changeait les mauvaises habitudes ? – JIM – 13 mai 2026.

Recherche

Participation au dépistage du cancer du col de l’utérus : analyse des disparités

Plus de huit femmes sur dix déclarent être à jour À partir des données de l’enquête Contexte des sexualités en France (CSF-2023), les auteurs ont analysé la participation au dépistage de 3 481 femmes âgées de 25 à 65 ans ayant déjà eu des rapports sexuels. Au total, 81,9 % déclaraient avoir réalisé un test de dépistage au cours des trois années précédentes. Après ajustement, la participation au dépistage variait selon plusieurs caractéristiques sociodémographiques (âge, niveau d’études, situation de couple, etc.), mais aussi selon les comportements sexuels. Elle était plus élevée chez les femmes ayant eu un partenaire sexuel dans les douze derniers mois (85 % contre 67 %) et chez celles déclarant des pratiques bucco-génitales. À l’inverse, elle était plus faible chez les femmes homosexuelles (58 % contre 83 % chez les femmes hétérosexuelles) et chez celles ayant subi des violences sexuelles (79 % contre 84 %). Adapter le dépistage aux parcours des femmes Les auteurs soulignent que ces dimensions intimes sont encore peu étudiées en France. Ils appellent à diffuser des messages rappelant qu’aucune orientation ni pratique sexuelle ne dispense du dépistage, à mieux prendre en compte les femmes ayant des rapports avec des femmes ou n’ayant pas de sexualité active, et à développer des approches attentives aux antécédents de violences afin de sécuriser le parcours de dépistage. Source : Inégalités de participation au dépistage du cancer du col de l’utérus en France, Bulletin épidémiologique hebdomadaire, 2026

Recherche

Grossesse et maladies cardiovasculaires : complications maternelles et fœtales fréquentes

Une prévalence faible, mais en augmentation Parmi les 320 902 femmes enceintes suivies entre 2010 et 2021, 763, soit 0,24 %, présentaient une maladie cardiovasculaire cliniquement significative. Les cardiopathies congénitales représentaient 71,5 % des cas.Sur la période étudiée, la prévalence de ces pathologies est passée de 0,19 % à 0,34 %. Des risques obstétricaux et fœtaux élevés L’accouchement est survenu avant terme dans 19,5 % des cas et par césarienne dans 29,5 % des cas. Une prééclampsie ou une éclampsie a été rapportée chez 20,8 % des patientes, et une hémorragie du post-partum chez 9,7 %. Une perte fœtale après le premier trimestre est survenue dans 7,1 % des grossesses. Un pronostic maternel altéré Un événement maternel défavorable a concerné 55 patientes, soit 7,2 % de la cohorte, principalement en raison d’hospitalisations pour insuffisance cardiaque. Quatre décès maternels, soit 0,5 %, sont survenus pendant la grossesse ou dans l’année suivant l’accouchement. Ces résultats confirment que, bien que rares au cours de la grossesse, les maladies cardiovasculaires sont associées à une morbidité maternelle et fœtale importante. Source : Grossesse et maladies cardiovasculaires: une situation rare mais grave – JIM – 12 mars 2026.

Recherche

Hygiène alimentaire : l’ANSES fait parler les aliments

Des gestes simples, une vigilance accrue pendant la grossesse L’Agence rappelle plusieurs gestes de prévention : se laver les mains avant et pendant la préparation des repas, réfrigérer les plats cuisinés dans les deux heures et prévenir les contaminations croisées en utilisant des ustensiles distincts pour le cru et le cuit, ou en les nettoyant soigneusement entre chaque étape. Pour les publics les plus sensibles, dont les femmes enceintes, l’ANSES recommande de consommer la viande, les œufs et le poisson bien cuits, et d’éviter les fromages au lait cru. Comprendre les risques pour mieux les prévenir Conservation inadaptée, cuisson insuffisante ou contact entre aliments crus et aliments prêts à consommer peuvent favoriser la transmission ou la multiplication d’agents pathogènes tels que Salmonella, Listeria, Campylobacter ou certaines souches d’Escherichia coli. Avec cette campagne, l’Anses entend transformer les recommandations sanitaires en habitudes concrètes du quotidien. En savoir plus Télécharger l’infographie

Recherche

Désaffection pour la contraception médicale en France : quels déterminants sociaux ?

Une analyse menée auprès de 4 420 femmes À partir de l’enquête Contexte des sexualités en France (CSF-2023), les auteurs ont analysé les pratiques contraceptives de 4 420 femmes âgées de 18 à 49 ans, exposées au risque de grossesse non prévue. En 2023, 8,3 % des femmes exposées au risque de grossesse non prévue n’utilisent aucune contraception. Parmi les utilisatrices d’une contraception, 28,3 % recourent à une méthode non médicalisée et 8,0 % utilisent spécifiquement une méthode naturelle. Des pratiques associées à des profils différents L’absence de contraception et le recours aux méthodes non médicalisées sont associés à une faible activité sexuelle et à des souhaits de maternité nuancés. Ces pratiques sont plus fréquentes chez les femmes nées hors de France hexagonale. Elles diffèrent également selon le niveau de diplôme : l’absence de contraception concerne davantage les moins diplômées, tandis que les méthodes non médicalisées sont plus fréquemment utilisées par les plus diplômées. Pour les auteurs, le recul de la couverture contraceptive médicalisée ne peut être interprété de façon uniforme : l’absence de contraception s’inscrit dans des inégalités sociales persistantes, tandis que le recours aux méthodes non médicalisées, particulièrement naturelles, renvoie à des logiques plus complexes. Source : Bulletin épidémiologique hebdomadaire n°12-13, Les enjeux de la désaffection pour la contraception médicale en France,  26 mai 2026

Recherche

Santé des soignants : un plan national en treize mesures

Le plan s’articule autour de quatre priorités : mieux outiller et accompagner les professionnels, y compris les étudiants ; renforcer la prévention, notamment en santé mentale ; réduire les risques professionnels par un dialogue social accru ; et inscrire la santé des soignants comme une priorité durable des organisations de soins. Le comité chargé de ce plan doit poursuivre ses travaux, en particulier sur la parentalité, les conduites addictives, l’alimentation et la santé des jeunes professionnels. Reste que plusieurs analyses soulignent une limite importante : ces mesures n’abordent pas directement les questions de charge de travail, d’effectifs ou d’organisation quotidienne, pourtant centrales dans l’épuisement des soignants.

Recherche

Prévention cardiovasculaire : la grossesse, une occasion manquée

Si le risque est maximal dans les six semaines suivant la naissance, environ un quart des décès liés à la grossesse surviennent entre six semaines et un an après l’accouchement. Ces données mettent en évidence un décalage entre le risque cardiovasculaire et le suivi préventif avant, pendant, après et entre les grossesses. Un « stress-test » cardiovasculaire La grossesse est de plus en plus considérée comme un stress test cardiovasculaire, capable de révéler des pathologies jusque-là méconnues et d’accélérer certains processus physiopathologiques, avec des conséquences à court et à long terme. Elle reste pourtant une fenêtre de repérage encore insuffisamment exploitée. Deux mesures prioritaires  La première consiste, chez les femmes présentant une hypertension chronique avant la grossesse, à viser une pression artérielle inférieure à 140/90 mm Hg à l’aide d’un traitement compatible avec la grossesse. La seconde repose sur un renforcement de la prise en charge de l’hypertension après l’accouchement, notamment grâce à l’automesure ou à la télésurveillance tensionnelle associée à une réponse clinique rapide. Le rapport considère que la morbidité et la mortalité cardiovasculaires liées à la grossesse traduisent avant tout des occasions manquées de prévention, avant, pendant, après et entre les grossesses. Il plaide pour que l’histoire obstétricale soit pleinement intégrée aux données cardiovasculaires de routine.

Recherche

Endométriose : une douleur ancienne longtemps enfermée dans les représentations du féminin

Dans l’Antiquité grecque, ces douleurs étaient interprétées à travers la théorie de l’« utérus errant ». Selon cette conception, l’utérus d’une femme errait dans son corps jusqu’à ce que la grossesse le fixe à sa place. Cette mobilié dans le corps féminin pouvait provoquer des troubles très divers, physiques comme psychiques. Cette explication était erronée, mais elle montre une chose essentielle : les symptômes existaient, sans qu’ils soient reliés à une pathologie précise. Quand la douleur féminine devient un problème moral ou psychologique Au fil des siècles, cette lecture s’est prolongée sous d’autres formes. Les douleurs gynécologiques ont souvent été perçues comme une fatalité liée à la condition féminine, plutôt que comme un motif d’investigation médicale. C’est dans cette histoire que s’inscrit le terme d’« hystérie », dérivé du grec hystera, qui signifie « utérus ». Cette notion a durablement entretenu la confusion entre symptômes corporels et représentations sociales du féminin, nourrissant des interprétations psychologiques ou morales. Une reconnaissance médicale tardive Il faut attendre les années 1860 pour qu’un premier tournant s’opère grâce à Karl von Rokitansky.Ce pathologiste et philosophe autrichien est le premier à décrire des lésions contenant un tissu glandulaire ressemblant à la muqueuse utérine, localisé en dehors de l’utérus. Puis, entre 1921 et 1927, le gynécologue américain John A. Sampson introduit le terme d’« endométriose » et propose d’en faire une entité clinique distincte. Pourtant, cette avancée conceptuelle ne débouche pas immédiatement sur une meilleure prise en charge : durant une grande partie du XXe siècle, les douleurs menstruelles restent largement banalisées. Une histoire qui pèse encore  Si les connaissances ont progressé et si l’endométriose est aujourd’hui mieux reconnue, l’errance diagnostique encore fréquente, ne tient pas seulement à la complexité de cette maladie et à l’hétérogénéité de ses symptômes : elle s’inscrit aussi dans la persistance de représentations sociales et culturelles autour des règles et de la douleur […]

Recherche

Activité physique maternelle et neuro­développement de l’enfant

Cinq domaines du développement évalués L’activité physique des mères a été mesurée avant la grossesse puis en milieu de grossesse. Le neurodéveloppement des enfants a, lui, été évalué tous les six mois, de 6 mois à 3 ans, dans cinq domaines : communication, motricité globale, motricité fine, résolution de problèmes et compétences personnelles-sociales. Un effet surtout visible à 6 mois À 6 mois, une activité physique plus élevée avant la grossesse est associée à des résultats plus favorables dans l’ensemble des domaines explorés. Une activité physique plus importante en milieu de grossesse est, elle aussi, associée à des résultats plus favorables à cet âge, en particulier pour la motricité globale, la motricité fine et la résolution de problèmes. Des associations plus limitées à 3 ans À 3 ans, les associations sont beaucoup plus atténuées : seule l’activité physique avant la grossesse reste associée à des résultats plus favorables dans le domaine de la résolution de problèmes. Aucune association n’est retrouvée, à cet âge, avec l’activité physique mesurée en milieu de grossesse. Une piste intéressante pour la motricité précoce Au total, cette étude suggère que l’activité physique maternelle avant et pendant la grossesse pourrait être liée à un neurodéveloppement plus favorable de l’enfant, en particulier sur le plan moteur au cours de la première année de vie. Les auteurs soulignent toutefois que des travaux complémentaires sont nécessaires pour mieux comprendre les mécanismes physiologiques en jeu. Source : Physical Activity Before and During Pregnancy and Neurodevelopment in Early Childhood, Jama, 3 mars 2026